my dead eden

Les Désespérances

éclats de cris et colliers de larmes

Juillet

le 23/08/2008 à 17h57

L’été est là depuis quelques semaines à peine,


Peut-être quelques jours


Et tout le printemps nous l’avons espéré


Avons tirés des plans,


Avons fait des projets,


Avons répété en chœur le doux nom de Juillet


 


 


« Quand nous serons grands » , « Quand nous serons grands » 


On disait


Est-ce que nous sommes grands sous le soleil de Juillet


 


« Quand nous serons grands » , « Quand nous serons grands » 


Et on patientait


Je ne suis pas sûr d’être à ma place dans le monde de Juillet


 


Et regarde autour de toi, nous marchons


Sur des branches mortes déjà


Et regarde autour de toi, nous marchons


Parmi les fruits trop mûrs et les feuilles qui jaunissent


Nous étions grands avant


 


Et regarde autour de toi, à l’horizon


Derrière Août et sa sagesse, Septembre déjà


Et regarde autour de toi, nous marchons


Sur des branches qui craquent sous des feuilles qui tombent


Nous ne serons pas grands


 


Et regarde autour de toi, nous allons


Nous perdre dans l’automne qui se moque de nous


Et regarde autour de nous, ils nous ont


Trompés: l’été est bien plus court, et déjà entamé


Nous sommes vieux à présent


 


 


Et les branches qui craquent comme hymne funèbre


Et les feuilles jaunes couleur de trahison


Nous tissent un grand manteau Été morte saison


Et la pluie accompagne notre hymne funèbre


 


Et le vent qui hulule pour toute cohorte


Le ciel est déjà gris aux murs de la Raison


Et les oiseaux massés reprennent l’Oraison


Sous nos pas condamnés chantent les branches mortes

Tu l'abandonneras

le 10/07/2008 à 19h47

Tu l’abandonneras à petits pas. Mais ce ne sera pas un drame. Tout juste un incident. Quelque chose sur le point d’être dispersé par le vent. Dilution dans le ciel.


Peut-on te souhaiter ça?


Des monceaux de déserts. Que tu traversera. Est-ce que seulement tu sauras. Tout ce vide qui t’entoure. Qui te pénètre. Il n’y a pas de mots pour. Tu l’abandonneras.


Peut-on te souhaiter ça.


 


À chacun de tes souffles tu l’abandonneras. C’est pour lui que tu vis. À petit feu tu t’en iras. C’est pour ses bras, c’est pour ses rires. C’est par tes souffles que fuit la vie. Par tous les pores de ta peau qui se plisse. Par chacun des cheveux qui blanchissent. Par les dents jaunies qui branlent, par la presbytie, par le sonotone mal réglé, regarde, tu pourris sur pied.


Peut-on te souhaiter ça.


Ce n’est que simple constatation. Raisonnement empirique, expérience de tous les êtres qui t’entourent. Si ce n’est pas lui qui te quittes c’est toi qui t’en iras. L’amour ne fera jamais le poids. Doit-on te souhaiter ça….


 


Doit-on te souhaiter de rester aveugle? De croire infiniment à la fusion des âmes? Doit-on te souhaiter une rupture violente? Le flot des larmes et les cris puis le calme. La solitude enfin paisible, le non-attachement qui te donnera le droit de pourrir sans une once de culpabilité. Doit-on te souhaiter ça.


 


Doit-on prier pour que rien ne bouge? Que ta vie durant tu lui reste attachée? Que ta vie toute entière ne soit qu’une vaine tentative pour devenir lui? T’empêcher de vieillir pour ne pas te détacher. Nier l’évidence de la mort pour nier la séparation prochaine.


Tu ne lui appartiendras jamais. Pas à pas-tu l’abandonneras. La pourriture est un acte solitaire. Masturbation de tes cellules et de ton être intime. Onanisme vital de ta décomposition. Chaque pas de ta vie te donne à la mort et invalide ton contrat de mariage avec lui. A-t-on le droit de te dire tout ça. A-t-on le droit de briser ton rêve de prince charmant. A-t-on le droit de poser ton corps dégénérescent comme l’ultime barrière à votre impossible fusion, comme ça sous tes yeux, crûment, cruellement.


 


A-t-on le droit de se taire.

Holocauste

le 01/07/2008 à 23h51

Et je vais faire notre holocauste


 


Les murmures éclatés n’ont plus rien à transmettre


Les drôles d’instants n’ont plus rien à faire vivre


Est-ce que c’est moi que tu vois flotter


Là-bas aux confins du ciel?


Je ne crois pas car moi


Tu ne sais plus me voir


 


Et bénis l’holocauste de nos souvenirs


 


Car nos mains sont pleines déjà et la vie filtre entre leurs doigts


Car nos yeux sont fatigués et les paupières nous séparent de ce monde


Peut-être est-ce moi que tu vois tomber


Là-bas des confins de ces voûtes


Mais je crois que c’est seulement


Un accroc dans la toile de ton rêve


 


Laisse-moi aller au bout de l’holocauste

Les yeux dans l'abysse

le 06/07/2007 à 21h25

Quelque chose s'est brisé dans le silence de la nuit. Un tout petit quelque chose de cristal. Des bouts de verres sur mes paumes ouvertes.
Quelque chose est tombé. Tombé dans l'abysse à mes pieds. Un tout petit quelque chose. Une plume détachée de mon aile.
Quelque chose est tombé, quelque chose s'est brisé dans un grand bruit de tonnerre. Un tout petit quelque chose.
Et moi, les yeux dans l'abysse.

Il faudrait dire la profondeur du silence.
La nuit qui tourne et mes ailes trop blanches.
Et mes ailes trop lourdes... Et il faudrait dire
Il faudrait dire que quelque chose est brisé.
Il faudrait dire que vos lèvres remuent mais que
Je n'entends plus rien, je ne comprends plus rien.
Il faudrait dire. Tout cela
C'est un peu comme un poème informe insensé
Qui commence au hasard et fini par se perdre
Seules subsistent quelques rimes, quelques rythmes
Quelques vers qui le dévorent de l'intérieur
Comme moi
Tout ça est comme moi.
Un poème tombé en ruines des syllabes dans l'abysse
Des plumes dans le vide qui tourbillonnent
Et un morceau de cristal en miettes
Et des bruits de tonnerre

Tout ça c’est moi.

Un poème en ruines,
Je ne sais qu’écrire des poèmes en
Ruines sans rimes sans construction, des poèmes
D’enfants. Je reste un enfant à jamais et je
Les vois tomber, ceux qui volent
Et je sais que moi aussi La chute Le vent
Le sifflement dans mes oreilles comme un drapeau
Qui claque Je vais tomber aussi
Mais je refuse de voler

C’est moi

Quelque chose s’est brisé dans ma main. Un petit morceau du silence de la Nuit. Un peu de cristal de votre rire que j’ai entendu. Un tout petit morceau de vous planté dans mon cœur.
Quelque chose est tombé dans l’abysse. Une plume de mon aile trop blanche, trop lourde du fardeau de l’enfance. Une plume, un morceau de moi que le gouffre a happé. J’ai si peur de grandir. Un tout petit morceau de moi déjà passé de l’Autre Côté.
Quelque chose se brise en moi quand je vous entends rire. Ma volonté se plie et le tonnerre gronde. Quelque chose tombe de moi et j’ai envie de voler mais j’ai trop peur de grandir.
Un tout petit quelque chose.
Et moi, l’abysse dans les yeux

Les Déchirements II

le 31/05/2007 à 22h17

Entre la chimère et la réalité, moi


Avec mes poings de fer et mon sourire au miel


La vanité de l'être et l'impossible choix


Je me retourne encor, admirant sous ce ciel


Les dieux sourds qu'en vain toujours nous appelons


A mes pieds gisent fanées des fleurs de mémoire


Il faut les faire pousser, grandir dans l'air du soir


Avec mes mains de velours, mes jambes de plomb


Entre le passé et l'absence d'avenir


Ce que je suis n'existe pas, pulse néant


Entre l'espoir et l'absence de devenir


En vain mon bras s'épuise à toucher les géants

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