my dead eden

Poèmes sur la Grande Ville

Un recueil à venir ?

Osaka rain (chapitre III)

le 12/07/2008 à 00h53

Et à chaque orage je pense…


Comme il pleut par chez moi!


Pleut-il sur Osaka?


Pleut-il sur Osaka?


 


Et à chaque fois que ta voix…


On ne peut revenir à ce temps-là


Qu’importe Osaka


Qu’importe Osaka


 


Et à chaque orage


Tourbillons en moi-même


Était-ce la pluie ou était-ce toi


Que je voulais voir briller dans la nuit d’Osaka


Et à chaque larme


Les questions en moi-même


Était-ce la nuit ou était-ce toi


Que je voulais jouer dans la pluie d’Osaka


 


Tu es mon infini morceau


 


 


Et à chaque fois, suspendu


Au-dessus du vide sans un rêve


Qu’a-t-on fait d’Osaka?


Qu’a-t-on fait d’Osaka


 


Et à chaque fois sans ce rêve


Je ne sais plus où courir


Par où est Osaka?


Par où est Osaka


 


Et à chaque vide


Je m’effraie du silence


Était-ce la pluie ou était-ce toi


Qui comptait vraiment dans la nuit d’Osaka


Et à chaque absence


Les mêmes souvenirs qui me lancent


Était-ce la nuit ou était-ce toi


Que je voulais faire rire sous la pluie d’Osaka


 


Tu es mon infini morceau


Composé dans la solitude de nos sept ans


Tu es ma tisseuse de rêves


Des gouttes d’Osaka prises dans ta toile


J’ai besoin de toi pour les faire danser


 


Tu es mon infini morceau


Joué en suspens au-dessus de l’autoroute


Tu es ma brodeuse d’avenirs


Les étoiles d’Osaka accrochées à ton voile


Il n’y a qu’à ton front qu’elles pourront briller


 


 


Et à chaque fois qu’il pleut…


Je sais pourtant que tu aimes la pluie!


Qu’est-ce qu’Osaka?


Qu’est-ce qu’Osaka


 


Et à chaque nouvelle nuit…


Moi qui en est le fils et le poème!


J’espère Osaka?


J’espère Osaka


 


Et à chaque pluie


Je me demande encore


Était-ce la pluie ou était-ce toi


Qui chantait vraiment dans la nuit d’Osaka


Et à chaque nuit


Toujours la question


Était-ce la nuit ou était-ce moi


Qui t’aura fait fuir la pluie d’Osaka


 


 


[Tu es mon infini morceau


Commencé un soir en jouant au Rêveur


Tu es ma faiseuse de papillons


Et les valses des Anges s’accrochent à leurs ailes


Lorsque tu fredonnes les promesses de minuit]

Osaka rain (chapitre II)

le 01/05/2008 à 22h09
Est-ce que tu viendras avec moi

Quelques heures sous la pluie d’Osaka

Juste pour tenir ma main

Regarder la nuit avec moi

Qu’on partage encore quelque chose

Des éclats de bonheur pour nous deux

Ou est-ce que tu bredouilleras

Tout en rougissant

 

« C’est que Osaka est loin

Et puis nous serons trempés

Et moi qui suis déjà malade

Comment vais-je payer le billet »

 

Elles sont bizarres

Les choses autour de moi

Quand on me dit qu’il ne pleuvra pas

 

Mais

 

Ne viendras-tu pas avec moi

Quelques minutes sous la pluie d’Osaka

Juste pour être près de moi

Pendant que je regarde la nuit

Que je pleure doucement

Des éclats de bonheur pour nous deux

Ou est-ce que tu diras

Sans y penser vraiment

 

« C’est que Osaka est loin

Il me faudra longtemps pour sécher

Même si tu m’offres le billet

À quelle heure vais-je rentrer »

 

Elles sont étranges

Les choses autour de moi

Quand elles murmurent que tu ne viendras pas

 

Est-ce que c’est le vent d’ouest qui t’a dissoute dans l’atmosphère

Au point que tu n’es plus qu’un vague nuage qui s’éloigne

Et s’il ne pleuvait pas

Est-ce que c’est le vent d’Est qui m’emporte à toute allure

Au point que je ne sois plus qu’un point qui s’éteint

Est-ce que tu ne viendras pas

Cueillir des éclats de bonheur

Irais-je seulement à Osaka

Ou dirais-je simplement

 

« C’est que Osaka est vieille

Et sa pluie est acide

Et notre rêve amer

N’a plus besoin de nous »

Air d'autoroute

le 17/11/2007 à 18h03

L'air que je respire saturé de fumée


Saturé de brouillard


Le point incandescent qui se consume


Ma cigarette pour seule lumière


L'air que je respire



L'air que je respire est saturé de bruit


Du pont autoroutier


Je n'entends plus ma propre voix


Debout dans les cris des voitures


L'air que je respire



L'air que je respire est saturé de glace


D'aube et de froid


C'est un matin d'hiver sur le pont


Dans les moteurs et les crissements


L'air que je laisse échapper



L'air que je respire entre mes doigts s'étouffe


Trésor glacé dans le tremblement


Faut-il que je me laisse tomber dans la fumée et dans le bruit


Je lâche le mégôt



Bout incandescent tombant du pont autoroutier

les acsenseurs de verres

le 08/10/2007 à 22h00
Jetez-moi au bas de ces falaises de bitume

Et les grands ascenseurs de verre

Et mon coeur qu’on oppresse

Et les gens qui se pressent

Et la fuite en avant

Toujours la fuite

 

J’ai suivi la belle dame

Retournez-vous ma Dame

Je voudrais vous parler

Je voudrais que vous vous demandiez

Qui je suis où je vais ce que je cherche

Je vous ai regardée descendre

Dans l’ascenseur de verre

 

Jetez-moi dans ces mers de béton

Emmurez-moi vivant

Qu’à jamais je sois un morceau de cette ville

 

J’ai attendu le retour de la belle Dame

Regardez-moi ma Dame

Vous êtes-vous aperçue

Vous êtes-vous rendue compte

Que je suis là encore là toujours là

A guetter l’écho de vos pas

Dans la salle des pas perdus

 

Jetez-moi dans ces volcans d’acier

Que je devienne un rail

Pour accueillir vos pieds

Il y a eu un grand bruit


Assourdissant un nuage de


Poussière et les géantes


Tombées


Un grand bruit grande poussière


Tout un passé


En poussière et moi


MOI SOUS LE NUAGE DE PASSE


Il n'y a pas eu de lumière


Pas de compte à rebours


Un instant c'est tout


Un instant avant puis un instant après


Juste un grand bruit


La géante qui vacille sur sa base


Sur l'océan mauvais un serpent


Qui se tord un passé sinueux


Des vagues de souvenirs


Vagues


La géante est tombée suivie


De sa jumelle et plus rien


UN GRAND SILENCE


Un orage sur l'océan


Les tours sont à terre


Des gravats et des ruines


Ainsi que tout doit devenir et Moi


Moi devant les ruines hébété


Il suffit d'un instant pour faire vaciller


Le passé Si bien que rien n'a existé


Ou n'existera plus dès lors qu'il n'y aura


Plus personne pour se souvenir


Que cela fut


PLUS PERSONNE DE SUR


Que cela fut bien


Les yeux ont pu se tromper


Se méprendre


Peut-être que jamais dans mon ciel


Ne se sont élevées les deux tours de l'usine


Jamais eu de grand bruit et


La poussière dans l'air juste des débris de soleil


Demain à mon réveil à ma fenêtre


Il n'y aura plus rien


Plus de tours grises comme la poussière


Plus que des ruines Et puis


Après les ruines le souvenirs Et puis


Après le souvenir l'impression Et puis


Après la mort et plus personne pour dire que


Cela fut

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