Sur mon bras frêle et blanc, tu as vu la trace de sang. Tu as eu peur, si peur! Ton cri as réveillé en moi les échos de celui que j'essaye d'étouffer.
Tu as eu si peur, quand tu as su que je pouvais souffrir. Tu as eu si peur, quand tu as vu que je voulais souffrir. Tu as frissonné quand tu as vu le compas s'enfoncer dans ma chair et y tracer ce mot, aujourd'hui rouge sang, demain cicatrice livide sur mon bras, ce mot qui sera là à tout jamais.
Mais tu n'as pas tout compris, tu sais, tu n'as fais qu'entrevoir ma folie. Tu as bien vu que je souffrais mais tu n'as pas compris où j'ai mal. Ce n'est pas mon corps qui souffre de cette aiguille d'acier, car ce corps n'est pas le mien. C'est dans mon coeur que la douleur est la plus forte, j'ai mal au coeur car mon corps ne ressent plus la douleur physique, j'ai tant pleuré, je suis tant perdu.
J'ai mal car je peux saigner sans souffrir, car ni mon corps ni ma douleur ne m'appartiennent plus. J'ai mal car tu ne comprends pas, tu vois bien que je suis perdu mais tu l'es autant que moi. Tu ne peux pas m'aider, même la douleur ne peut m'éveiller de ce cauchemar. J'ai tellement pleuré, je suis tellement perdu...
J'ai écris mon nom avec l'aiguille froide sur ma chair chaude, j'ai écris mon nom pour qu'il ne s'efface pas, pour avoir encore un point d'attache, une lueur moins sombre que mes rêves, pour que dans ma nuit d'insensibilité je puisse encore me souvenir que ce corps est le mien. J'ai trop pleuré, je suis trop perdu. Ne crie pas, j'ai écris mon nom sur mon corps pour me rappeller que j'existe.