my dead eden

prose

la chose mortelle

le 30/03/2005 à 22h35
Je crois que ton regard glisse sur moi. Je crois que tu ne me vois simplement pas. Je pense que tu n'en peux plus de mes histoires, que tu es prêt à tout pour ne plus avoir à m'écouter. Tu prends l'air occupé, tu mets la musique à fond. Tu ne peux plus me supporter, tu n'en peux plus de moi. Tu glisse sur moi, indifférent, tu glisse sur moi comme une goutte de pluie. la haine fait moins mal que l'absence, l'arme la plus mortelle c'est le silence.
Et je crois que j'ai mal.

aujourd'hui est un jour passé

le 24/03/2005 à 19h09
Puisqu'il y a un avant,
puisqu'il y a un après,
puisqu'il y un ici,
puisqu'il y a un ailleurs...
Tout ne fait que changer, à quoi me sert de m'accrocher à ce monde qui se disloque. Sous mes mains la prise est ferme, l'instant d'après je perds pied, je me noie et pourtant déjà il n'y a plus d'eau.
Je me suspends à tes lèvres, mon amour, emmène-moi loin d'ici, tu es le seul point fixe dans cet univers mouvant, je suis accroché à tes lèvres comme un crucifix sur un mur, un symbole perdu sur un mur si nu. Et ton corps se pressant contre le mien est bien la seule chose ne se dérobant pas sous mes doigts. Mais tu vois, cet instant d'extase fait déjà partie de notre passé et ce n'est plus déjà qu'un souvenir. Tout doit mourir mon amour, et tout est si éphémère, je m'accroche à tes lèvres comme à un radeau, espérant que le temps nous ignorera encore un instant, maintenant fait déjà partie d'avant et les souvenirs de notre présent s'effacent si vite.
Il n'y a pas d'avenir, rien qu'un passé encore un peu présent.
Il n'y a pas d'ici, rien qu'un là-bas encore un peu proche.
Ici est toujours ailleurs, avant est toujours après.
Il n'y a pas de point fixe mon amour et nous nous effaçons.

oméga

le 20/03/2005 à 21h40
Un soleil rouge dans un ciel sombre. Unique oeil d'une voûte borgne. Et cette lumière, qui m'enveloppe. Les arbres et la neige, le froid qui me brûle, et ce soleil rouge, cet oeil qui me fixe, qui semble me lire, qui semble me découvrir...
Je croyais avoir fuit, Caïn, comme toi. Je croyais avoir fuit ma conscience, fuit ma culpabilité. Je croyais t'avoir détruit, Caïn, que tu n'existait plus. Mais l'oeil blafard est toujours là, depuis ant de siècles, pour nous punir, toi le premier, puis les autres et puis moi. Combien avons nous été, à fuir ainsi cet oeil grand ouvert, semblant nous reprocher nos crimes. J'ai marché tellement longtemps, je ne sais plus quel est le jour, je ne sais pas quelle est l'heure, et ce soleil traître, refusant de me dire s'il est un crépuscule ou bien un petit jour. L'aube et le crépuscule sont tellement semblables, tout n'est que cycle et je n'ai pas de point de repère. Je fuis mais je ne fais que répèter ce cycle, encore et encore. L'aube et le crépuscule sont le même moment, les erreurs du passé, nous les referons, Caïn, j'ai pris le même chemin que toi et comme toi l'oeil me suis. Comme toi Caïn, je suis comme toi, perdu comme toi, et comme toi je ne sais plus. L'aube et le crépuscule sont les mêmes instants, le même oeil rouge nous fixera toujours.

sans douleur

le 19/03/2005 à 23h27
Sur mon bras frêle et blanc, tu as vu la trace de sang. Tu as eu peur, si peur! Ton cri as réveillé en moi les échos de celui que j'essaye d'étouffer.
Tu as eu si peur, quand tu as su que je pouvais souffrir. Tu as eu si peur, quand tu as vu que je voulais souffrir. Tu as frissonné quand tu as vu le compas s'enfoncer dans ma chair et y tracer ce mot, aujourd'hui rouge sang, demain cicatrice livide sur mon bras, ce mot qui sera là à tout jamais.
Mais tu n'as pas tout compris, tu sais, tu n'as fais qu'entrevoir ma folie. Tu as bien vu que je souffrais mais tu n'as pas compris où j'ai mal. Ce n'est pas mon corps qui souffre de cette aiguille d'acier, car ce corps n'est pas le mien. C'est dans mon coeur que la douleur est la plus forte, j'ai mal au coeur car mon corps ne ressent plus la douleur physique, j'ai tant pleuré, je suis tant perdu.
J'ai mal car je peux saigner sans souffrir, car ni mon corps ni ma douleur ne m'appartiennent plus. J'ai mal car tu ne comprends pas, tu vois bien que je suis perdu mais tu l'es autant que moi. Tu ne peux pas m'aider, même la douleur ne peut m'éveiller de ce cauchemar. J'ai tellement pleuré, je suis tellement perdu...
J'ai écris mon nom avec l'aiguille froide sur ma chair chaude, j'ai écris mon nom pour qu'il ne s'efface pas, pour avoir encore un point d'attache, une lueur moins sombre que mes rêves, pour que dans ma nuit d'insensibilité je puisse encore me souvenir que ce corps est le mien. J'ai trop pleuré, je suis trop perdu. Ne crie pas, j'ai écris mon nom sur mon corps pour me rappeller que j'existe.

parenthèse

le 23/02/2005 à 18h15
Je voulais ouvrir unpetite parenthèse d'amour. C'est vrai que je parle beaucoup de mes souffrances, de mes questions, mais jamais vraiment de moi. Je voulais vous parler de ma ville, mon point d'ancrage dans la tourmente, elle s'appelle Lyon, je n'y habite plus vraiment, mais c'est le seul endroit où je me sens en vie. Je l'ai quittée, j'y suis revenu, je suis reparti. Mais mon coeur reste là-bas, la lumière a un plus bel éclat sur ses immeubles que partout ailleurs. La brise du matin est plus douce, les oiseaux plus beaux, le soleil plus aimant, les rues sont amicales, je les connais bien, elles sont pleines de petits secrets, d'amis qui m'attendent. Ma ville est ma meilleure amie, son labyrinthe estun semblable à celui qui est dans mon coeur.
Je voulais simplement ouvrir une parenthèse pour dire que je suis capable d'aimer, d'avoir l'air bien, de ressentir autre chose que de la souffrance pure. Ma ville, c'est mon radeau au milieu de la mer déchaînée du monde, c'est mon cocon de chaleur au milieu de nos guerres stupides, le seul endroit où je me sens capable de sourire.

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