my dead eden

prose

sur ton épaule

le 24/12/2007 à 00h09

Je suis venu pleurer sur ton épaule, lecteur, si tu n'es pas lassé. Si tu as le temps pour ça. Si tu en as l'envie.


 


Je suis venu pleurer sur ton épaule, parce qu'il y a des jours comme ça. Des jours où rien ne va. La tête lourde des migraines et pas d'inspiration. Je suis venu pleurer cette année qui s'achève, ma dernière année d'enfant, je suis venu pleurer mon dernier noël d'enfant, je suis venu pleurer mon dernier jour de l'an de gamin.


Je suis venu pleurer parce que je me sens abandonné jusque dans ma moëlle.


 


Je sais, je sais, ma vie ce n'est pas passionnant. Mais j'ai besoin, tu vois. Je n'ai plus personne à qui la raconter. Dimanche soir de vacances où Meilleure Amie est indisponible, et les autres...


Les autres font leur blog tous ensemble, les autres préparent des soirées où personne ne m'invite, parce qu'après dix-huit heures les jours de cours je n'existe plus. Ils font leur délires tous ensemble, le mien est solitaire, mon délire est sombre et il a des odeurs de tabac froid, mon délire est dur comme le goudron gelé où je me suis allongé le temps que ça passe, cette boule dans ma gorge.


 


C'est ma dernière année d'enfant et je pleure la perspective d'un trente-et-un décembre seul entre quatre murs, à réviser mon code. C'est mon dernier noël et jamais je n'ai été aussi triste. Même l'Ex m'a laissé seul à seul avec les posters et ce putain de reflet dans le miroir.


 


je me sens pathétique jusqu'à la moëlle et je me hais.


 


Je pleure sur ton épaule, lecteur, pardonne-moi. Je vais tremper ta chemise. Il y a longtemps que je n'ai trempé la chemise de personne. En philosophie on m'a dit "la vraie amitié ne se voit que dans les coups durs". C'est un coup dur, je ne vois que mes larmes. Où êtes-vous partis? Où emmenez-vous nos fous rires? Pourquoi venez-vous en tous à me préférer quelqu'un d'autre? Je voudrais pouvoir être une personne importante pour quelqu'un. Je suis égoïste. Je ne veux plus d'amour à sens unique. Est-ce moi qui aie commis la faute?


 


Je sais que c'est idiot, lecteur. Les seuls concernés par ce message ne viendront jamais sur ce blog, car, même s'ils en connaissent l'existence, pas un seul ne m'en a jamais demandé l'adresse. Je ne suis jamais assez haut dans leurs classements pour avoir droit à mon nom dans leurs favoris. Je m'arrête au "joyeux noël" à la sortie des cours.


 


Je suis désolé lecteur. Je n'avais que mes ruines où déposer ma solitude. C'est qu'elle est bien trop lourde et qu'elle m'opresse. Parfois, à la lumière de la lune, je regarde les cicatrices sur mes bras et je pense à quel point j'ai été bête de penser que la vie avait repris ses droits. Je ne courerai jamais aussi vite que tourne la terre. Toujours je retrouverai le jour mais je finirai sans cesse par me faire rattraper par la nuit.


 


Et tu sais, lecteur, parfois, à la lumière blafarde de la lune, mon ongle rêve encore d'écarter les lèvres trop pâles de mes plaies.

xxx

le 08/10/2007 à 22h01

NE ME LAISSEZ PAS SEUL


j'achète vos yeux je vous offre mon coeur je me forcerai à rire je me forcerai à être drôle je vous ferai des présents somptueux j'aurai des idées de génie j'aurai des bras pour consoler des épaules pour pleurer j'aurai des rêves sous vos paupières des silences des oreilles pour vous écouter j'aurai des sanglots pour partager vos souffrances je serai toujours d'humeur égale je serai toujours tendre aimant comprennant je vous soutiendrai toujours partout pour tout je donnerai tout ce que j'ai et même le reste tout ce que vous voudrez je serai tout ce qui existe et même le reste tout ce que vous voudrez je serai le marchand de sable je serai le père noël je serai le bon dieu le diable et tout les autres vous verrez je vais cesser de pleurer vous verrez aimez-moi encore un peu qu'ai-je donc qui vous fais fuir je ne comprends pas je ne comprends pas je ne comprends plus rien du tout


NE ME LAISSEZ PAS SEUL


à pourrir sous les décombres de nos souvenirs envolés

La Lune décroissa,te

le 14/09/2007 à 22h04
La nuit tombe. Elle est claire, elle est belle. Je repense à tout le temps qui a passé. Je revois nos esquifs sur son torrent. Je revois les récifs et notre agilité. Je revois nos yeux brillants triomphant à les éviter. Je re… Je n’y reviendrais pas
Je me suis échoué.
Les fleurs se referment. J’ai froid, j’ai peur, j’ai mal. Et leur parfum, et leurs pétales rouges baiser qui me lacèrent…Je regarde les fleurs et je recompte les années. Je raconte aux murs nos rires d’enfants. Je recompte les rêves et je souris. Je re… Je ne reverrai rien.
Je me suis échoué.

Voilà que c’est fini, bien fini, je crois. Voilà que l’enfance s’est envolée. Tout change toujours autour de nous, et nous avons changés aussi. « On ne se baigne jamais deux fois dans l’eau d’un même fleuve ». Tout sauf peut-être la lumière du Soleil qui éclairait nos jeux.
Il est resté aussi cru et brille sur mon échec.

Écoute-moi, Petite, écoute-moi ma sœur à la fois d’âme, à la fois de cœur. Écoute-moi encore. Je ne sais plus comment te le dire. On dirait qu’ils ont mis un faux à ta place, on dirait… On dirait un pantin programmé pour répéter les mêmes phrases. On dirait que je suis devenu trop jaloux pour te laisser à un autre.
On dirait que tu n’es plus toi, tu es devenue son ombre. Et moi qui étais la tienne, que suis-je à présent? Les ombres n’ont pas d’ombre. Je me dissipe dans l’air du soir en priant. Laisse-moi encore un bout de toi. Une main, un doigt, un seul de tes cheveux. Laisse-moi t’appartenir encore. Je suis perdu sans maître.
Tu es son ombre et tu n’as plus que son nom à la bouche. Et je vous en veux d’avoir construire votre monde en me laissant à part. Je pleure comme un petit abandonné par sa mère. Apprends-moi comment vivre au milieu du désert.
Je sais bien que jamais plus ce ne sera comme avant. Tu es sortie de l’enfance et j’y reste à jamais. Plus d’étreintes. Nous avons trop changés. Tu as toute une vie. Je n’ai pas su en bâtir une. Je suis fautif.
Aime-moi encore un peu. Même si je te dégoûte, tu sais, moi-même je me dégoûte. Les regards du miroir me poignardent et je jette mes poings en travers de son visage. Tu es mon Problème, Petite. Apprends-moi à exister sans toi.
J’ai l’impression de te dire toujours la même chose et pourtant je crois que tu ne comprends pas ce que je ressens. J’ai perdu l’être qui m’étais le plus cher au monde, quoi que tu en dise, et je pleure en écrivant ces mots. Je porte ton deuil, je le porte à jamais.
A moi aussi tu me manques. Tu me manques depuis si longtemps…
J’ai échoué. Et la lune décroissante se moque de moi.

Aux combats

le 09/07/2007 à 23h14

Et puis d'abord, qui m'avait dit? Ils n'avaient rien promis, ils n'avaient rien à tenir, pas même moi suspendu au-dessus du vide.


Et puis d'abord, ils n'avaient rien dit. Rien promis je n'ai rien retenu, pas même moi-même pendu au-dessus du gouffre


 


Echec, ma Dame, échec de votre Roi, on ne vous redémarrera pas


 


Le système a planté, encore et toujours le système plante et pousse et pourri sur pied.


Le système est brisé, laminé, mes roulements sont rouillés et je tombe de côté.


 


Je finirai par mourir, ma Dame, le roi n'a rien juré, n'a rien promis


 


Pourquoi hâter cette heure


Pourquoi rester plus longtemps ici


 


Je vous ai croisé par accident sur cette route


J'ai glissé sur une plaque de verglas, pile entre vos bras et voilà


 


J'avais cru entendre parler de sourires et d'avenirs, de musique et de chant, d'espoir et de lumière


Personne n'a rien promis, accroché aux queues des chimères suspendu dans ce vide qui m'a retenu?


 


Echec, ma Dame, échec à la Dame, échec à la Sainte Famille, allons mourir en choeur au fond de la cour, côté jardin.

En vous regardant voler

le 06/07/2007 à 20h39

Je suis un ange debout au bord du gouffre de la vie. Ils m’ont dit « tu es grand, vole! » mais j’ai si peur de tomber alors je refuse, je tempête. Vous avez lâché ma main et vous vous êtes élancée, vous avez tournoyée, vous m’avez appelé. J’ai reculé d’un pas. Et si la seule façon de rester vivant était de refuser de vieillir? Pourtant nous avons commencés à mourir à l’instant même où nous prenions vie.

Vous êtes devenue si belle, si forte, si lumineuse. Je vous regarde voler au-dessus de l’abysse. Il est écrit sur votre visage que vous savez que vous y tomberez.
Vous parlez et je ne comprends plus, le temps nous a bouffé, séparés à en crever, vous parlez et c’est le silence encore, vous criez, vous me lancez vos bras mais je suis à jamais inaccessible.
Je vous réponds, je vous tends les mains, mais quelque chose s’est dressé entre nous.
Parce que vous avez grandit et qu’à jamais je resterai un enfant, moi qui rêve vainement d’éternité.

Vous volez dans ce ciel qui est entièrement vôtre et le cœur me serre tandis que dans mon dos ils me poussent à vous suivre.
Vous me chantez le vent et les étoiles et je ne vois que le gouffre, je ne sens que la terre. Nous ne parlerons plus la même langue. Je vous laisse partir en faisant le choix de l’enfance éternelle, jusqu’à ce qu’on me pousse dans le vide.

Je déambule au bord du précipice mais je n’y planerai pas. Je suis seul à jamais à courir après une éternité que je sais m’être interdite. Nos mondes ne sont plus les mêmes et j’ai un peu mal de vous voir si loin. J’en veux au temps et à la vie.

Je vous admire.
Je vous salue, Pleine de grâces.
Je vous aime à jamais et je garde précieusement votre souvenir caché à l’intérieur.

©2006 - Bloxode.com est un service gratuit de Lexode.com - Prévenir d'un abus - Conditions d'utilisation