my dead eden

Tragisme

le 18/02/2008 à 21h10
Je veux, mon amour, je veux le sommeil, l’interminable sommeil de ceux qui ne craignent pas d’avancer paupières closes. Je veux le soulagement, l’infini soulagement de ceux qui n’ont plus rien à penser et peuvent se permettre tous les rêves du monde.

 

[je suis un de ces héros tragiques, avec la conscience du silence inéluctable qui mettra fin à tous les mots même indicibles]


Je veux, mon ange, je veux le pays de merveilles qui nous appartiendra à tous même à ceux que le monde a craché hors de lui. Je veux la quiétude, l’incroyable quiétude de ceux qui peuvent lever la tête sans craindre de mettre le pied dans un trou d’obus.

 

[je suis ce héros tragique, amant du Soleil marié à la Nuit, avec la conscience du vide qui déchire au creux de moi]

 

Je veux, mon imortel[le], je veux danser comme ceux qui ne sentent que le sang battre à leurs tempes et non le temps qui creuse leurs faces en canaux draineurs de larmes éclaireuses de la route qui retourne à la terre.

Je veux cesser de vouloir, de toujours vouloir à la fois creuser le sol et nager dans le fleuve;

à la fois m’élever vers toi, vers le désir de toi et de ton monde vif, et à la fois marcher au plus profond du monde des humains, désincarné, pour en saisir le Mystère.

 

[je suis ce héros écartelé entre Toi et le monde, aime-moi à m’en détruire]

Cristal

le 14/02/2008 à 21h37



Qu'est-ce que c'est que cet océan


Au milieu duquel tu te tiens


Sans même lever les yeux sur nos ombres


 


Qu'est-ce que c'est que cette cascade de silence


Sous laquelle tu tournes lentement


Paumes ouvertes bras écartés


En équillibre sur le bord de la vie


 


Qu'est-ce que c'est que ces pensées


Regarder ton reflet se jeter dans l'eau


Cristalline tes mains battre l'air et nos ombres


Qui te tournent autour et que tu ne vois même plus obsédée


Par la beauté de ta chute


 


tu avais l'habitude de chanter mais l'eau


La cascade et son eau ont ravagé ta gorge quel est


Cet océan de silence où tu te nois


tu rêvais la tête en l'air tu planais


Au-dessus de nos mers et tu t'es vue


Tomber


Vers l'eau cristalline et ton regard


Noyée          dans ton propre    regard      dans l'océan


Qui venait de ce regard    cristallin


 


Des éclats de cristal pour accompagner ta chute

La fin du monde

le 04/02/2008 à 21h44

Dis, c'est quand la fin du monde, que je puisse dormir? Que je puisse m'y glisser, y couler, m'y noyer, disparaître à jamais? Pouvoir fermer les yeux sans plus jamais avoir à les ouvrir? J'attends l'éternité, le corps glacé, allongé sous le ciel vide, tu sais, j'attends qu'il n'y ai plus rien à attendre...


 


Dis, c'est où la fin du monde, que je puisse y courir? Je ne suis peut-être pas au bon endroit, je ne vois rien venir, juste envie de vomir dans ce tourbillon qui ne se pose jamais. Je ne dois pas être au bon endroit, il n'y a rien tout droit, il n'y a rien pour moi. Je cherche la fin des temps, là où il n'y aura plus rien à chercher car tout y sera déjà.


 


Dis, c'est quoi la fin du monde? Est-ce que c'est un soulagement, comme un souffle qui s'enfuirait de ma poitrine, dissolvant tout mon être dans un vent d'apocalypse? Dis, la fin du monde... il n'y en a pas je crois... Aucun sens à toute cette solitude, aucune finalité à tout cet être tendu vers un avenir rêvé, toujours à portée de main et qui toujours se fane en devenant présent... Dis, finalement... Juste avancer sans but et sans repos...

Si je coure

le 22/01/2008 à 19h34
Je marche de mon pas lourd à faire trembler les murs

Avec pour seule perspective ma ligne d’horizon

Si je m’éloigne de toi ne m’en veux pas

Je ne sais pas si j’arriverai au bout de cette voie

Sans issue

 

Si je m’éloigne de toi

Si je coure

Si je ne me retourne plus

Ne m’en veux pas

 

Je marche de mon pas lourd et tous les murs s’écroulent

Dévoilant l’horizon au bout de ma ligne de fuite

Si je fuis ton monde ne m’en veux pas

Dis-moi seulement ici à quelle place tu me vois

Pas d’issue

 

Si je fuis ta réalité

Si je coure

Si j’oublie de te dire

Ne m’en veux pas

 

Je tombe de mon poids lourd à travers les fenêtres

Cette ligne de fuite est ma seule perspective

Si je ne suis plus rien pour toi ne m’en veux pas

Je n’avais rien à faire là j’ai suivi cette voie tu vois

Sans issue je me noie

 

Si je ne suis plus rien

Si je coure

Si je m’efface sans toi

Des histoires et des rêves

le 31/12/2007 à 14h10

Voilà, je l'ai fait. ça faisait longtemps que j'en avais l'envie. J'en ai eu le courage, hallelujah. J'ai mis des histoires.


Parce que, voyez-vous, parfois j'ai des poèmes dans la tête alors je les laisse ici, comme des nourrissons aux portes d'une église, et les prenne qui veut, et les aime qui peut, à chacun de voir, de recevoir. Liberté.


Et puis, il y a les poèmes qui ne sont pas transcriptibles, les poèmes des sensations, les poèmes sans mots. Ceux-là j'en fait, ou j'essaye d'en faire, des histoires. Des histoires pas forcément pour raconter quelque chose, des histoires pour dire le soleil qui se couche sur l'autoroute ou la folie des enfants, des histoires juste pour dire comme c'est beau la vie, et comme ça fait mal la beauté.


 


Peut-être que c'est voué à l'échec. Peut-être que personne ne comprendra ce que j'ai voulu écrire, parce que ce sera mal écrit ou tout simplement indicible. J'essaye quand même, à Dieu va. Je les ai mises à part, mes histoires. Je les aies posées dans un coin un peu particulier car je ne voudrais pas qu'elles interfèrent avec les autres textes. Lisez-les si le coeur vous en dit, ne vous forcez pas. Une histoire a besoin d'être lue pour exister, mais elle a surtout besoin d'être appréciée, d'être vécue en toute liberté pour faire du bien et pour transporter. Lisez-les dans toute votre liberté, peut-être en tirerez-vous le plaisir que j'ai eu à les écrire. Je ne peux pas vraiment le savoir.


 


Je voulais simplement dire qu'on m'a dit "ce ne sont pas des histoires, ce sont des nouvelles". Moi j'aime mieux le mot "histoires". Dedans il y a de l'enfance, de la légereté, il y a de l'inutile et du divertissement. Il n'y a pas la gravité littéraire de la nouvelle. J'écris des histoires comme on m'en lisait, autrefois. Des histoires avant de dormir, pour voir des paysages inconnus et des choses impossibles.


 


Je crois que j'en ai fini. En espérant que cela plaise.


Au pasage, je remercie ceux qui me lisent. C'est toujours si agréable de savoir qu'ils passent par ici, même s'ils ne le disent pas. Alors merci, mille fois. D'ailleurs je remercie les autres aussi, ceux qui ne me lisent pas et ceux qui ne savent même pas que j'existe, je les remercie d'exister et d'être autour de moi, même sans le savoir.


Voilà.

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