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my dead eden

Et vos nuits pour mourir

le 20/05/2009 à 14h31

Quand elle sera partie quand il n'y aura plus que son ombre au plafond pour faire battre ce cœur ... Quand elle sera partie quand il n'y aura plus … Quand des âmes inquiètes traceront leurs contours sur vos paupières closes qui seront bien trop lasses … Quand ces mêmes paupières n'auront plus le goût de s'entrouvrir … Quand vous irez gésir au bras de son absence, quand elle sera partie retirant les forêts, laissant place aux marées qui vous dépasseront … Vous lancerez aux cieux des questions furibondes, vous hurlerez et puis vous vous résignerez, puis quand vous n'aurez plus qu'un immense coma, un désert où errer sans repos ni éveil, et quand vous n'aurez plus que vos nuits pour pleurer et vos jours pour partir ...


Pourquoi certains fantômes reviennent-ils vous hanter ces soirs, dans certaines périodes de la vie où toute souffrance, tout doute, tout malaise qui saisit à la gorge au réveil a un affreux goût de déjà-vu. Pourquoi se manifestent-elles, ces étranges qui vous ont, par mystère, ouvert plus d'une fois le cœur en deux, pourquoi se manifestent-elles à ce moment précis où votre dame vous transperce de lames sans nom, déchire sans répit de ses yeux de forêt où vous vous êtes égaré. Pourtant vous aviez promis de faire attention, de ne pas vous éloigner, vous aviez laissé des traces mais les corbeaux ont tout dévoré, vous mentiez à votre face, avouez-le, et maintenant payez-en le prix, maintenant qu'elle va se retirer, vous laisser dans le vide, emmener les fleurs et les bêtes sauvages, les chênes centenaires et les papillons, vous laisser dans un désert sans sable, sans eau et sans ciel, et il faudra vous battre pour en sortir, à moins que vous n'en sortiez pas. Et elle rejoindra la cohorte des âmes qui errent à l'arrière de votre crâne, à vous qui n'aurez plus que vos nuits à crier et vos jours pour dormir …


Que sont-elles qui reviennent avec leur quota de douleur, leurs souvenirs qui ne tarissent pas et leur mémoire qui ne veut pas flétrir. Que sont-elles, ces âmes aliénées avec leurs vieux éclats qui ne veulent pas ternir, des miroirs où « je » reste prisonnier, identité que vous ne fuirez pas. Que sont-elles avec leurs mains tendues absurdes, que sont-elles avec leurs drames, vos drames, ces drames jamais consumés de tout ce que vous avez consommé sans même le voir. Dans vos errances sans fin, celles que vous avez débutées au premier jour, à la première seconde, dans vos marches euphoriques et vos courses accablées, vous les aviez croisées, la chair encore chaude et les os bien cachés, vous les aviez croisées et vos yeux avaient glissé sur elles, vos regards n'avaient rien perçu de ce battement horriblement terminable en elles, vous les aviez croisés comme en croisiez d'autres, et là, dans l'absence de sommeil et la pâleur des rêves, elles vous sont revenues avec leurs bras hagards, décharnées, affreuses de distance et de fragilité, sans que rien ne les retiennent ici, rien de tangible, rien de compréhensible. Et vous voilà, vous-même, aussi frêle avec vos cernes effroyables et vos vrais sanglots, à regarder cette mémoire affolante vous sauter à la gorge et l'ouvrir sans scrupules, vous faire couler hors de vous jusqu'à ce que vous, vous tarissiez, que vos regrets se fanent et qu'à la fin, vous ne soyez plus que douleur, vous qui n'avez plus que vos jours pour tomber et vos nuits pour mourir...

point

le 20/05/2009 à 14h30

Celle dont j'ai rêvé n'est encore qu'un balbutiement sur ma peau, à peine quelques gouttes tombées sur une terre aride, et il faudra attendre les jours ensoleillés pour voir si quelque chose en aura poussé. Celle dont j'ai rêvé a des yeux de forêt à l'orée desquels je me tiens, sans oser y entrer, de crainte de n'en pouvoir sortir, de peur qu'il n'y ait des ronces qui m'y retiennent, qui m'ensanglantent encore.

Celle que j'aime n'est peut-être qu'une première phrase, et peut-être ne lui trouverais-je pas de suite, peut-être que les mots lui manqueront et qu'elle me laissera, et puis peut-être que je n'en finirais jamais de l'écrire et que je tomberais avant d'y avoir mis un point, qu'en sais-je, et faut-il que je le sache. Je n'ai pas le temps de poser la question. Il y a des morts partout, un silence douloureux.

 

Et puis voilà que le point approche. Voilà l'irrémédiable fin de notre phrase. Les verbes pas encore conjugués. Un sujet flou. Des compléments manquants. Pas de subordonnées. Voilà déjà la fin de cette phrase. Vous l'aviez commencée dans l'ivresse. Vous aviez embrassé la Princesse. Ce n'est qu'après que vous aviez vu les dragons autour du château. Ce n'est qu'après que vous aviez vu les ruines. Mais vous aviez fermé les yeux. Nul besoin de s'appesantir sur le malheur.
 

Et voilà qu'elle annonce la fin de la phrase. Et voilà que vous êtes là. Face à votre texte qui voudrait crier le désespoir. Face au roman que vous n'écrirez pas avec ses plumes. Face à votre sang versé en vain. Et voilà que la forêt se retire. Que la mer s'étale en marées insalubres. Que le sel vous pénètre à vous en faire vomir. Voilà la douleur. Voilà le regret. Et vous n'y pouvez rien.
 

Ce texte est triste comme cela fait longtemps. Longtemps que vous n'en n'aviez pas couché ainsi. Vous croyiez au bonheur. Vous l'aviez frôlé du doigt. Mais de l'origine du monde toujours naîtra la fin. C'est l'apocalypse et vous demandez au soleil pourquoi brille-t-il encore. Pourquoi, la nui, pourquoi êtes-vous toujours tendre. Pourquoi, ses yeux, toujours aussi clairs. Pourquoi rien ne vous appartient de ce non-sens ambiant. Pourquoi rien n'est en deuil. Pourquoi la mort sans fin de ce qui vous entoure.
 

Je vais en mourir. Je vous entends crier. Je reste froid et dur face. Je ne vous consolerai pas. Rien ne rebouchera ce néant qui s'étend. Les amis. Les amantes. La famille. Tout tombe et tout se meurt. Vous ne ferez pas de roman. Sans toi rien n'est possible. Je vous entends. Que pouvez-vous écrire d'autre qu'une longue élégie. La caméra tourne autour de vous et vous ne bougez pas. Prostration. Ce corps éblouissant d'incompréhension et de révolte.
 

Loin des yeux loin du cœur. Vous rabâchez sans fin ses justifications. Vous dites et pourquoi loin. Vous demandez pourquoi pars-tu. Et vous vous haïssez de ne pas valoir. Ne pas valoir de rester. Ne pas valoir d'essayer. Ne pas valoir de continuer. Ne pas valoir une douleur dans ses yeux. Le désert où vous nagez, sans sable, sans eau et sans ciel. Sans elle. Les arbres qui tombent sous ses mots. Et ses yeux qui restent verts. Et ses cheveux qui défient la nuit. Et sa douceur et sa langueur. Tout est sec et aride. Pourquoi la mort sans fin même au fond de vous.
 

Vous êtes adulte. Vous auriez dû savoir. Mais vous ne vouliez pas. Quand grandirez-vous donc ? « Les morts aimés sont effrayants à minuit, et ils revivent de vous effrayer ». C'est bien plus que cela. Même les pas vraiment morts. Même les vivant-loin. Leurs souvenirs affreux dans le noir de la nuit, dans le noir de ce jour, dans la lumière d'un rêve. À n'importe quel moment de votre insomnie. Ce coma où vous restez sans éveil ni repos. Vous auriez dû savoir.
 

Elle va mettre un point à votre phrase. Ma caméra glisse sur vous et vous ne dites rien. On ne saisira pas l'étendue du désert. Elle va mettre un point à votre phrase. Vous n'écrivez plus. Ce n'est pas un roman. Votre plainte de mots se tarit. Vous arrachez vos plumes mais n'en faites rien. Vous n'écrivez plus. Elle met un point à notre phrase.

Et au c(h)oeur des corbeaux

le 16/03/2009 à 00h28
Dans le sang dans les veines
Dans le fracas du coeur
Aux cohortes des plumes
Plus sombres que ces pages

Dans un sens dans la peine
Dans la houle des jours
Dans la ronde d'oiseaux
Dont le glas se maquille

Des douceurs la tendresse
Au château des princesses
Au balcon des mignonnes
Des morceaux de poèmes

Des couleurs la caresse
Aux yeux de la Princesse
Un chemin d'épineux
Et des pierres agressives

Dans le sang dans les veines dans le fracas du coeur
Quelque chose qui vit dans la forêt des yeux
Des poèmes trouvés qui ravivent un soleil
Aux cohortes des plumes aux trop douces lignes
Des douceurs la tendresse un baiser de princesse
Pour éveiller un rêve au fond de ces poèmes
Au balcon de la Belle une angoisse de mort
Mais au choeur des corbeaux j'arracherai ton corps

Dans un sens dans la peine dans la houle des jours
Par son rire au profond du marais d'un regard
Sublimée quand des vers se battent pour sa main
Dans la ronde d'oiseaux dont le glas se barbouille
Des couleurs la caresse éclat de la Princesse
Aussi doux que la pierre de la route sans fin
Un chemin d'épineux pour couronner son front
Et du cor(ps) des corbeaux je sauverai ton coeur

L'orée

le 15/03/2009 à 23h49
A l'orée de ses yeux tu sais j'ai hésité
A l'orée de ses yeux de forêt
Trop de branches en travers
Et ma tête à l'envers
Toujours toujours à regarder derrière
Toujours toujours les yeux dedans
Je ne savais pas où j'allais
A l'orée de ses yeux de forêt

Il y aurait pu avoir
Des pièges mordants des rires cruels
Des feux pour me perdre étangs où sombrer
Avec ma tête de travers
Je ne vois pas où je vais
Et puis du vert partout du vert
Pour l'espérance ou pour m'empoisonner

Il y aurait pu avoir
Des buissons acérés racines animales
Des renards affamés la sorcière en guenilles
Toute sortie de ma tête à l'envers
Et moi sans savoir où je vais
A voir du vert partout du vert
Sans espérance et tout empoisonné

A l'orée de ses yeux tu sais j'ai hésité
A l'orée de ses yeux de forêt
Trop loin de la lumière
Et ma tête en arrière
Toujours toujours à ne savoir que faire
Toujours toujours les yeux en dedans
Je ne savais pas ce que je faisais
Quand j'ai pénétré ses yeux de forêt

Il y aura sûrement
Des chemins amicaux des brassées d'églantines
Des chênes pleins d'Histoire des lucioles divines
Pour redresser ma tête
Que j'aille enfin sans crainte
Parmi le vert Oh tout ce vert
Qui sans aucun venin me fera espérer

Qu'il y aura au bout
Un château arc-en-ciel une main à saisir
Un baiser à donner des éclats de plaisir
Et en perdant enfin la tête
Je gagnerai un coeur
Et puis des vers De nouveau des vers
La plume retrouvée pour savoir la chanter

De l'orée de ses yeux sans trop y réfléchir
De l'orée de ses yeux de forêt
Dans le rêve d'une clairière
Avec mon coeur qui se desserre
Encore encore un peu de pierre
Encore encor les yeux perdus
Je ne sais toujours pas où je vais
Plus profond dans ses yeux de forêt

Je suis ton prince

le 21/02/2009 à 01h36

Je suis ton prince Princesse je suis celui

Que ce conte-là t'envoie Mais pour épée

Il n'y a que Rose à mon poignet

Et que dira le Roi ton père la Reine mère

Leurs couronnes sont trop larges pour moi


Je suis ton prince Princesse je perds mon temps

Contre tes dragons sans matières À mon poignet

Rose dessine traces carmines

Le Roi ton père ne saura rien de moi

Sa couronne ne m'irait pas


Et de ta main Princesse qu'en sera-t-il

Cette bague à ton doigt est encore trop fragile

Moi sans bouclier mon épée sans fil


Ils te proposeront aux seigneurs d'autres villes

Ou tu iras toi-même à leurs désirs séniles

Et de ta main Princesse ainsi en sera-t-il


Je suis ton prince Princesse un peu étrange

Qui consomme et ensuite voit le dragon

De pauvres épines pour te défendre

Et que dira le Roi ton père de cette histoire

Sans épée sans amour et pas même un dauphin


Je suis ton prince Princesse une erreur de casting

Laisse pourtant aller le tournage à sa fin

Car ma Rose est trémière et s'est liée à ton bras

Et si t'effraie trop la voix du Roi ton père

Cachons-nous sans couronnes dans cette tour d'acier


Et à ta main Princesse quoiqu'il en soit

Une alliance de ronces et de pétales en soie

Prince sans château mais royaume pour toi


Je te donnerai tout sans oser rien te prendre

J'ai déjà beaucoup trop de bonheurs à te rendre

De câlins à payer et puis de cœur à fendre